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J’aime la Saint-Sylvestre. N’en déplaise aux réfractaires à l’idée de « devoir » festoyer à une date commune et imposée. Non que j’aime changer d’année, comme les anniversaires, rien ne change n’est-ce pas ? Non que le décompte des secondes avant les douze coups ne m’éclate, je le manque à chaque fois. J’aime dans la Saint-Sylvestre le plaisir que je vais prendre à dresser une belle table et à la garnir du dur labeur de deux jours passés en cuisine. J’aime toutes ces semaines qui précèdent le jour dit, où j’ai le loisir de chercher, fouiner, concevoir, imaginer ce que sera cette soirée.
Voilà trois ans que le rituel a commencé. Je proposais alors à l’hôte qui nous recevait de préparer le dîner. Je me souviens d’un magret de canard à l’orange, d’aumônières en feuilles de brick garnies de fruits du mendiant au miel et de profiteroles à moitié maison (une glace industrielle d’une déception…). Puis, l’année suivante (pour le 31 décembre 2007), je recevais : entre autres, un Parmentier de canard (dont je fus extrêmement déçue) et une montagne de petits gâteaux (madeleines, financiers, fondants au chocolat, tuiles aux amandes…) qui fit sérieusement son effet. L’idée du rituel était née, le rendez-vous serait pris chaque année. Et il allait falloir que j’assure pour que le niveau grimpe (mais j’ai encore sacrément de la marge pour atteindre les sommets). En 2008, je choisissais un menu simple du fait de la minuscule cuisine dont j’allais disposer : velouté aux cèpes et crème fouettée, filet mignon de porc caramélisé et Trianon, enfin, un beau gâteau au chocolat dans l’idée du Trianon. Là encore, mon gros point faible fut le plat, l’entrée et le dessert étant beaucoup plus réussis. C’est d’ailleurs mon gros point faible de manière générale.
En cette année 2009, voilà donc que l’automne pointait son nez et me rappelait qu’une date qui m’est chère approchait. Je décidais d’un nombre de convives, lançais les invitations, demandais confirmation, menaçais celui qui oserait changer d’avis au dernier moment, rappelais celui qui ne répondait pas, déclarais l’heure dernière de l’ultimatum, faisais promettre et jurer et gravais des contrats dans la pierre. Ben oui quoi, c’est quand même pas compliqué de me donner une réponse trois mois à l’avance ! Pour la petite explication, je demandais cette année (pour la seconde fois) à un artiste peintre de me dessiner les menus et de les personnaliser avec le prénom de chacun (d’où l’importance d’une bonne organisation ;-) ).
Après des semaines de fantasmes culinaires et quelques tests, mes ambitions démesurées prenaient forme. 2009 serait la totale, la complète, la de A à Z, la vas-y-mets-leur-en-plein-le-palais ! Ce serait donc amuse-bouche, entrée, poisson, viande, trou, fromage et dessert. Dans des proportions sages, bien entendu, car il fallait surtout qu’ils arrivent au bout avec plaisir.
Voici donc ce que mes charmants convives découvrirent à l’ouverture de leur menu (avec un énoncé bien pompeux comme j’aime faire parfois) :

Le foie gras
En crème brûlée, sorbet pomme

La pomme de terre
En velouté mousseux, oignons caramélisés, jaune d’œuf à cru

Le rouget
En filet juste poêlé, ravioles aux fruits rouges, sauce citron parmesan

L’agneau
En médaillons, poivrons farcis à l’aubergine, crème de sésame

La poire
Façon trou du milieu, liqueur de coing

Le chèvre
En trilogie

Le chocolat
En tartelette au caramel au beurre salé, espuma aux marrons

P.S. : Merci à JF à qui j’ai piqué les photos de la table.

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