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Je n’ai pas l’habitude de fréquenter les étoiles. C’est peut-être une chance : je conserve encore le trac des premières fois, l’excitation de l’avant, la béatitude tourbillonnante de l’après. Je rêve d’un monde dont on ne se lasserait jamais. Mais le goût des choses n’est-il pas meilleur lorsqu’on s’est un peu donné la peine de l’oublier ? Comprenez que si le champagne et le foie gras étaient de tous les repas, je doute qu’ils nous ravissent autant. Il en va ainsi des grands restaurants, du moins, c’est ce que je crains. Ainsi, plaisir protégé n’en est que mieux renouvelé. 


Amuse-bouche, salade Caesar revisitée

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Il fut donc constaté que le temps avait suffisamment passé pour que nous fâchions nos porte-monnaie. DBR voulait quitter Paris, ses trottoirs, son fracas. DL, puisqu’il s’agissait de bien manger, était toujours partant, d’autant qu’il nous quittait pour un moment (et déménageait à New York, l’insolent !). Puisque nous n’avions pas le temps d’un aller-retour à Honfleur pour le Sa.Qua.Na, il fut convenu que Versailles était suffisamment éloigné de Paris et par là même l’occasion, après notre repas, de découvrir les jardins du château. Mais ce jour-là, une pluie incessante annula notre perspective digestive et embruma la baie vitrée de la salle à manger du Gordon Ramsay au Trianon Palace.


Artichaud breton pressé et foie gras mariné, poitrine rôtie, crème de petits pois glacée

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Notre repas fut une douce joie, un plaisir de coton par un samedi midi mal réveillé. On nous installa pour déjeuner sur un canapé aux courbes décomplexées. Les mets furent très justes dans leur propos, d’une maîtrise admirable, ravissant nos attentes. Le dessert au chocolat, particulièrement, nous époustoufla par sa haute voltige technique. Mais, de mon propre avis, je regrette un peu un certain classicisme, une sagesse de premier de la classe. J’aurais aimé tout juste un peu de folie, de surprise, un sentiment inattendu qui m’aurait marquée. Je pourrais vous raconter certains repas pris il y a des années, je ne sais pas si celui-là, sans lui enlever la superbe de ses deux étoiles, tiendra le temps.

 

Tortellini de homard breton, carpaccio de calamars, têtes frites, consommé de verveine

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Il y eut aussi un vin impeccable, tant par son prix particulièrement sage que par sa dégustation. Le sommelier nous confia l’amitié qu’il entretenait avec l’homme qui le vinifiait, et l’exclusivité qu’il en possédait.

 

Pigeon royal de Bresse poché au porto

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J’aime à penser que le service se fait plus agréable lorsqu’il perçoit, dans notre manque de tenue, dans l’intérêt que nous portons aux détails, dans nos yeux de gosses, que notre réservation, loin des gens coutumiers, est un cadeau que nous nous offrons. Je ne voudrais pas ressembler à ces abonnés désintéressés, qui payent le contenant et non le contenu, qui ne savent apprécier le privilège.

 

Sorbet Granny Smith-céleri

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La journée était bien avancée lorsque nous avons quitté le Trianon Palace. Cela avait été un beau moment pour saluer le départ de DL. Rendez-vous désormais avec lui, pour une prochaine table étoilée, à New York City, par un beau jour de juillet.

 

Chocolat croustillant, mandarine acidulée au parfum de noisettes

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Gordon Ramsay au Trianon Palace

Ouvert le Vendredi et Samedi de midi à 14h00

Du mardi au samedi : de 19h à 22h30

Fermé le dimanche et le lundi

Tél. : 01 30 84 55 55

 Cristalline de poire et émulsion pétillante, sorbet à la Williamine

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Bouchées glacées à l'azote liquide (avec le café)

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