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L’Omnivore est un magazine culinaire (doublé d’un site internet) organisateur de l’Omnivore Food Festival de Deauville et d’happenings internationaux. Cette saison 2010-2011, l’Omnivore organisait également des dîners thématiques avec des guest chefs au restaurant du CENTQUATRE, lieu de création et de production artistique parisien de 39 000 mètres carrés. Après avoir travaillé sur les thèmes Black, Fish, Végétal, Barbaque, la dernière de l’année jouait l’amitié avec un titre 100 % Friends, et annonçait le retour participatif de dix chefs. J’y suis allée lundi 20 juin dernier en compagnie de CC.

Autant vous dire de suite que sans être complètement décevant, l’événement fut en dessous de mes attentes. Une organisation brouillon, un manque absolu d’explications, des portions un peu chiches et une vaisselle tristement jetable en sont les causes principales. Le lieu a pourtant de nombreux atouts : belle hauteur de plafond, matières brutes piles dans la tendance, grades tables conviviales.

On découvre le menu avenant que voici dans l’ordre inscrit : les fraises comme une salade de tomates de Bruno Verjus (blog Food Intelligence), le cabillaud de Fabrise Biasolo et Maxime Lacombe (Les grandes tables du 104), la soupe au pistou de Marine Crousnillon (Masterchef sur TF1), le saumon « Morita » honba aka miso / kimchi doux / vinaigrette ponzu de Dominic Quirke, les pizzettes de Giovanni Passerni (Rino), le maigre mariné minute, patate / miso de Luc Dubanchet et Sébastien Demorand (Omnivore), et les fruits rouges / harissa de Gilles Choukroun (MBC).

Alors que la plupart des convives n’est pas encore installée, on nous sert, dans une petite assiette en carton (!) ce qui ressemble à un amuse-bouche sans nous annoncer de quoi il s’agit. Après réflexion, cette pâte levée à la tomate et au basilic se trouve être les pizzettes (indiquées en cinquième sur le menu !). C’est simple, mais très bon.

Les pizzettes de Giovanni Passerni

Pizzettes

Côté vin, personne n’explique la marche à suivre, qui consiste à aller acheter directement sa bouteille à la caisse. Finalement, nous prendrons un Côtes du Rhone très correct pour un prix raisonnable.

S’enchaîne rapidement le second plat (il y aura effectivement peu d’attente malgré les 150 convives, ce qui est très appréciable) : le saumon. Une belle réalisation, une super vinaigrette.

Le saumon « Morita » honba aka miso / kimchi doux / vinaigrette ponzu de Dominic Quirke

 Saumon

Entre temps, nous faisons la connaissance de nos sympathiques voisines de table, une vétérinaire en reconversion journalistique et une restauratrice en création d’entreprise. Une rencontre à point pour relever nos petites déceptions. Ayant déjà participé aux autres dîners Omnivore, elles nous expliquent qu’effectivement cette soirée n’est pas la plus réussie.

Après le saumon, la soupe au pistou, servie tiède dans des bols en polystyrène (!!). Pas mauvais, plus généreux, mais sans intérêt aucun. Dommage de proposer un plat classique pour une soirée qui ne l’est pas.

La soupe au pistou de Marine Crousnillon

Pistou

Puis, le maigre mariné, encore dans un bol en polystyrène (!!!). Comme je vous l’ai déjà dit, les serveurs n’annoncent pas les plats, il nous faut donc deviser. La sauce était très bonne, mais la lichette de purée de pomme de terre posée sur le bord du bol n’avait pas d’allure. Quel dommage, le plat joliment dressé à l’assiette aurait fait meilleur effet !

Le maigre mariné minute, patate / miso de Luc Dubanchet et Sébastien Demorand

Maigre

A suivre, le cabillaud, encore servi dans un bol en polystyrène (!!!!) ! C’est plutôt bon.

Le cabillaud de Fabrise Biasolo et Maxime Lacombe

Cabillaud 

Ensuite, les fraises comme une salade de tomates (dans un verre à bodega ! Yiha !). Enfin un peu d’originalité. J’ai beaucoup apprécié l’association avec la mozzarella pour ma part, ce qui n’a pas été le cas de tout le monde.

Les fraises comme une salade de tomates de Bruno Verjus

Fraises

Et pour finir, les fruits rouges harissa. Sans conteste, la bouchée la plus intéressante de tout le repas. Difficile de trouver à quoi était le sorbet qui avait un étrange goût d’herbe, mais qui se mariait très bien avec le reste de la composition. La sauce à la harissa sur les fruits était très réussie. On avait là tout le bonheur de déguster une association de saveurs nouvelle et agréable. Chapeau.

Les fruits rouges / harissa de Gilles Choukroun

Harissa

En conclusion :

Les papilles sont contentes ? Ça va. Bons plats, bien sûr, mais seul le dessert détonait.

Les yeux sont ravis ? Pour le lieu, oui. Pour la présentation des plats, non !

Les oreilles sont comment ? Guillerettes, mais grâce à nos joyeuses voisines.

Est-ce cher ? C'est correct.

On reviendra ? Faut voir.