J’ai hésité à écrire ce post, car je préfère en général indiquer des adresses dont je suis entièrement satisfaite, mais puisque la cuisine valait sa réputation, je déroge.

2012 commence pour ma part sur des pressentiments qui se vérifient ; je dois devenir perspicace. En fait, le (très) gros bémol du restaurant Rino n’était pas exactement un pressentiment, plutôt le sujet de ma conversation avec DBR juste avant que nous y entrions. Nous évoquions le cliché erroné, fréquemment parcouru sur la toile ou entendu dans des bouches peut-être mal avisées, qui voudrait qu’un grand restaurant, gastronomique si vous préférez, ne serve que des portions chiches. Personnellement, la rumeur ne s’est jamais vérifiée. Et voilà que le soir même de cette réflexion, nous vivons notre première expérience d’appétit insatisfait. Surtout que le menu propose entrée, poisson, viande et dessert (38 €), imaginez ! Les quantités furent donc si légères, malgré le très bon pain dévoré, que DBR proposa un bar belge pour une bière et une portion de frites maison dans la foulée. Et je ne me fis pas prier.

Il faut dire aussi qu’il est sérieusement frustrant de ne pouvoir jouir que d’une bouchée ou deux d’un mets délicieux. A peine le temps de se ravir d’une association, de laisser naître l’enchantement, de toucher au ravissement, que l’assiette s’est échappée. Quand la nouvelle arrive, c’est à peine si on ose la toucher, on voudrait tendre le temps, rester suspendu à ces courtes minutes. Car la cuisine de l’Italien Giovanni Passerini est bien faite, affirmée, gourmande. Très actuelle aussi, parfaitement dans les modes du moment. Elle m’a d’ailleurs fait penser, dans ses mélanges inspirés, ses dressages par petites touches de pinceau, à celle du Frenchie de Grégory Marchand. Le style d’une génération pour foodies. Tout comme la clientèle ce soir-là, avisée, concernée par ce qui se jouait sur les tables. A nos côtés, un couple, un peu frimeur, monsieur qui séduisait madame, passant la commande en italien aux serveuses (italiennes, elles aussi) et devant bien connaître le chef puisque bénéficiant d’attention et de mets supplémentaires (de quoi nous adonner à la jalousie).

Honnêtement, si vous ne regardez pas à la dépense, allez-y, c’est délicieux. Sinon, pour le même prix, on trouve à Paris des adresses plus généreuses.

 

Ravioli de potimarron, langoustine, consommé

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Limande sole, endives, cacahuètes, pamplemousse

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Canette, chou rouge, betterave

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Glace aux céréales, pomme, foin, fruits secs

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Rino

46 rue Trousseau, Paris XI

Tél. : 01 48 06 95 85

http://rino-restaurant.com

 

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