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Ce n’est pas un bar, ce n’est pas un restaurant. C’est une planque, une ville fictive. C’est un espace qui se murmure, à peine divulgué sur la toile. On accroche, ou pas. On en pensera forcément quelque chose. C’est un secret atypique.

Je suis finalement très surprise que Flateurville ne soit pas plus connu, alors qu’il ouvre ses portes depuis plusieurs années. On peut venir y flâner ou boire un verre le jeudi soir, sans horaire précis. Il faut tout d’abord s’acquitter d’un droit d’entrée de 5 euros (ou 20 euros pour une carte annuelle) en remplissant un formulaire. Dès cet instant, le ton fantasque est donné : on vous fait citoyen, on vous invite à découvrir le village, à profiter de la fleur bleue et à veiller à ne pas atterrir en prison. Vous n’avez pas compris ? Pourtant, je ne pourrais mieux vous expliquer. Ce serait aussi tout gâcher : il vous faut faire votre propre expérience, pénétrer vous-même le jardin aux résonances tropicales, la chambre à coucher, la grande salle aux allures de squat branché, ces 600 mètres carrés poétiques et déglingués. Poser l’œil sur des milliers de détails. Et essayer, si cela vous dit, de décrypter le travail de l’artiste Laurent Godard chez qui vous vous trouvez, ses étranges peintures en dripping, ses installations audio-visuelles en cabines…

Chaque visite a son humeur. Ma première fois, nous avions bu du champagne et chanté accoudées au piano que deux jeunes hommes avaient dompté. Nous avions fini le reste de la nuit, une quinzaine d’inconnus devenus amis, chez une jeune fille dont les appartements étaient proches. La seconde fois, l’endroit était si calme que nous y sommes à peine restées. Ainsi Flateurville peut se révéler aussi fourmillant que déserté, aussi lent qu’excité. Il s’apprécie sans garantie, et ne tient comme seule promesse que celle d’être confortable et unique.

Je préfère donc ne pas trop en dire, vous laisser, peut-être, séduire. Ce sera pour vous, quoi qu’il en soit, l’occasion de bousculer vos sensations. De changer de terres. Car assurément, Flateurville sort de l’ordinaire.

 

35 euros la bouteille de champagne, 20 euros la bouteille de vin

 

Flateurville

Le Hangar de Marcel

24 cour des petites écuries

75010 Paris

www.flateurville.com (site mal foutu et franchement pas clair)

 

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