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Ce n’est pas dans mes habitudes d’écrire sur ce blog des critiques négatives. Mais j’ai finalement décidé d’évoquer ici le Wanderlust et ma déception, après trois visites, pour plusieurs raisons. D’abord, c’est LE spot dont tout Paris a parlé cet été, LA terrasse qui buzz (c’est le resto-bar-boîte annexé à la Cité de la Mode et du Design entre Gare d’Austerlitz et Quai de la Gare). Un bon argument pour l’étudier. Ensuite, il est très peu probable que vous n’en n’ayez pas entendu parler, n’y ayez pas passé une soirée ou été refoulé. Cela devrait donc vous intéresser. Enfin, c’est la quintessence des points négatifs qui font penser à beaucoup de Parisiens que la capitale française est une ville où l’on s’ennuie la nuit. Et moi qui aime à penser et à chercher le contraire, pour une fois, je vais un peu me mettre de leur côté. Puisque j’entends d’ici crier au « faut pas exagérer », je vais de suite commencer par les points positifs, puisqu’il y en a, et bien sûr, il n’est pas question de les renier.

C’est grand, c’est en plein air, devant la Seine, le sol en bois est agréable, c’est gratuit, ouvert presque tous les jours jusqu’à 5 h du mat, le son est souvent d’excellente qualité (ben oui, ce sont les mecs du Silencio, le club ultraprivé de David Lynch et du Social Club, qui s’appelait le Triptyque à mon époque, qui y officient), c’est dans un quartier d’affaires et donc ils peuvent balancer les watts autant qu’ils veulent. Voilà.

Maintenant, la partie night club est étonnamment minuscule, donc la grande terrasse en plein air, ça va pas tenir bien longtemps. La déco minimaliste est finalement assez froide. C’est gratuit peut-être, mais les consos sont chères et les boissons bas de gamme (mauvais vin, mauvais alcool). Les barmen sont surtout odieux et vous font comprendre très clairement qu’ils sont saoûlés de vous servir. Vous pouvez lire à ce sujet pléthore de critiques sur les sites Qype, Parisbouge, Yelp, le blog My Brouhaha ou encore sur le courrier des Inrocks (et même sur leur propre page Facebook). Ensuite, la clientèle est en grande partie caricaturale, fashion, hautaine, pédante et ne se prive pas de vous mater des pieds à la tête avec un air ingrat. Ça manque beaucoup d’ondes friendly, n’imaginez pas copiner avec vos voisins. Tout ça bien entendu, s’il vous aura été donné la chance d’y pénétrer (voir les mêmes liens pour les témoignages). J’ai même lu (mais pas vu) que les videurs avaient des pistolets à eau dont ils se servaient pour refouler les gens. On tombe bien bas dans le respect. Par contre, je ne peux rien vous dire sur le resto, pas testé, mais j’ai lu bien des fois que le service était détestable, du genre à vous débarrasser sans vérifier si vous avez bien fini. Pour finir, je prends pas la peine de vous raconter la nullité des dimanches Brunch Bazar, les filles du Flying Muffin le font très bien.

Enfin, triste histoire. Alors que nous nous faisions entre amis la remarque que le nombre de toilettes (cinq, je crois) était particulièrement inadapté à la grande capacité d’accueil du lieu (la file d'attente des filles peut faire trente mètres), j’apprenais à la radio le décès d’un jeune passé par-dessus la barrière pour uriner et poussé par une amie hors de conscience. Toutes mes condoléances à sa famille. Mais une question se pose, aurait-il eu la même facilité à s’approcher de l’eau si le lieu avait été plus adapté en sanitaires, en normes de sécurité ? Alors après à peine plus de deux mois d’ouverture, est-ce que vous pensez, vous, que le Wanderlust, ça tue ?